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Auteur Sujet: toujours le nucleaire  (Lu 27758 fois)

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toujours le nucleaire
« Réponse #15 le: avril 20, 2006, 01:16:31 pm »
Les Etats-Unis durcissent à nouveau le ton à l'égard de l'Iran

...
Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine, a laissé entendre mercredi à Chicago que les Etats-Unis pourraient invoquer leur droit à l'auto-défense et agir militairement seuls ou avec une coalition internationale si la crise ne peut pas être réglée dans le cadre de l'ONU.
...

 :sweet:

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toujours le nucleaire
« Réponse #16 le: avril 20, 2006, 01:49:09 pm »

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toujours le nucleaire
« Réponse #17 le: avril 20, 2006, 05:14:19 pm »
Les plans du Pentagone contre l'Iran :

La vérité que tu crois connaitre n'est parfois que le mensonge qui te tuera.

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toujours le nucleaire
« Réponse #18 le: avril 24, 2006, 02:33:20 pm »
TEHERAN (AFP) - Le président iranien doit confirmer lundi que l'Iran n'entend pas se plier à la demande du Conseil de sécurité de l'Onu de suspendre son enrichissement d'uranium d'ici à vendredi, selon le délai qui lui a été accordé par la communauté internationale.
Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a réitéré la position de Téhéran sur le sujet lundi, alors que M. Ahmadinejad doit tenir une conférence de presse à partir de 15H30 locales (12H00 GMT). Les Etats-Unis, avec l'aide du Conseil, "veulent contrecarrer la volonté ferme du peuple iranien", a dit le ministre lors d'une conférence sur la sécurité régionale.

"Ils disent: nous, nous pouvons détenir des armes nucléaires, mais vous, vous ne pouvez pas avoir la technologie nucléaire", a poursuivi le ministre, en jugeant que "cette logique est condamnée, et la nation iranienne le prouvera en étant ferme et unie".

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a demandé le 28 mars à l'Iran de notamment suspendre son enrichissement d'uranium d'ici au 28 avril. Dimanche, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, avait confirmé la position de Téhéran selon laquelle l'enrichissement d'uranium est "irréversible".

Cette déclaration a fait dire au chef de la diplomatie française Philipppe Douste-Blazy que les Occidentaux sont "excessivement préoccupés" par le sujet. Evoquant l'échéance du 28 avril, M. Douste-Blazy a expliqué que "si la réponse est négative, le Conseil de sécurité aura à prendre des responsabilités et tout le monde sait que dans la panoplie du Conseil de sécurité il y a de possibles sanctions".

Mais les membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) sont divisés sur la marche à suivre. Washington souhaite que le Conseil adopte contre l'Iran une résolution invoquant le chapitre 7 de la Charte de l'Onu, ouvrant ainsi la voie à des sanctions et au besoin à l'usage de la force. Les Etats-Unis bénéficient du soutien de la France et du Royaume-Uni, qui envisageraient, selon le sous-secrétaire d'Etat américain Nicholas Burns, de déposer une résolution de ce type devant le Conseil début mai.

Mais ce scénario se heurte pour l'instant à l'opposition de Pékin et de Moscou, qui privilégient une solution "diplomatique" pour résoudre la crise. Les deux puissances ne montrent par ailleurs aucun signe de vouloir se plier à l'appel américain à restreindre leurs relations commerciales avec l'Iran. La presse officielle chinoise a ainsi annoncé lundi la conclusion d'un contrat de livraison de 50 trains chinois de passagers à la république islamique, conclu dimanche et financé à 85% par des prêts de la république populaire.

De son côté, la Russie a déclaré qu'elle entendait bien honorer un contrat de livraison de systèmes d'armes anti-aériennes sophistiquées, malgré un appel de Washington à ne pas s'engager dans cette voie. "Les Iraniens pensent être dans une position très, très forte. Ils comptent sur les Russes et les Chinois pour empêcher le Conseil de sécurité (des Nations unies) d'appliquer des sanctions significatives", a dit récemment un diplomate occidental haut placé à Téhéran. "Le régime semble aussi convaincu que les Américains ne peuvent pas attaquer", a-t-il ajouté, en jugeant que cela représente selon lui "une grave erreur de calcul".

Téhéran assure que son programme nucléaire a un objectif purement civil, mais les Etats-Unis et leurs alliés le soupçonnent de dissimuler un volet militaire pour acquérir la bombe.
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toujours le nucleaire
« Réponse #19 le: avril 24, 2006, 05:46:41 pm »
Tony Blair plaide pour qu'un "signal fort" soit adressé à l'Iran

LONDRES (AP) - Tony Blair a assuré lundi que le Royaume-Uni et les Etats-Unis ne planifiaient pas d'attaque militaire contre l'Iran, mais plaidé pour qu'un "signal fort" soit adressé à Téhéran dans le dossier du nucléaire iranien.

"L'Iran n'est pas l'Irak", personne ne parle d'une invasion militaire", a déclaré le Premier ministre britannique lors de sa conférence de presse mensuelle. "Mais l'on veut, néanmoins, envoyer un signal fort à l'Iran parce que certains commentaires faits par le président sont injustifiables".

Le chef du gouvernement britannique a accusé l'Iran "de soutenir le terrorisme dans la région, aux détriments des gouvernements démocratiques" et d'enfreindre ses engagements envers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le Premier ministre a expliqué qu'il ne serait pas "très raisonnable" à ce stade d'envoyer un "signal de faiblesse" à l'Iran. "Nous voulons envoyer un signal de force", a-t-il expliqué. "Mais je le répète, l'Iran n'est pas l'Irak et les gens en sont très, très conscients, ici et de l'autre côté" de l'Atlantique.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a donné à l'Iran jusqu'à vendredi pour geler son programme d'enrichissement d'uranium. AP
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toujours le nucleaire
« Réponse #20 le: avril 25, 2006, 10:03:40 am »
TEHERAN (AFP) - L'Iran suspendra ses relations avec l'Agence internationale de l'énergie atomique si le Conseil de sécurité de l'Onu lui inflige des sanctions, a dit mardi un haut responsable iranien, Ali Larijani.
"Si vous décidez des sanctions contre nous, notre relation avec l'Agence sera suspendue", a déclaré le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, en charge des négociations sur le dossier nucléaire, lors d'une conférence sur le nucléaire, à Téhéran.

L'Iran a refusé de se plier à une demande du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre son enrichissement d'uranium, qui arrive à échéance vendredi, et encourt des risques ultérieurs de sanctions. "S'ils (les membres du Conseil de sécurité) nous menacent ou nous sanctionnent, ils ne devraient pas s'attendre à ce que nous maintenions la même relation avec l'AIEA", a encore dit M. Larijani.

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait réitéré lundi l'avertissement que l'Iran pourrait reconsidérer sa relation avec l'Agence et abandonner le Traité de non-prolifération nucléaire si les Occidentaux essayaient de le "priver de ses droits" dans son programme nucléaire. Lors de la conférence à laquelle participait mardi M. Larijani, l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, a assuré que le programme iranien "n'a jamais eu de but militaire, et n'en a pas actuellement". Mais M. Rafsandjani, qui est aussi le chef du Conseil de discernement de la république islamique, a ajouté: "nous sommes prêts à poursuivre la politique de confiance mais nous ne supportons pas la pression".

Le Conseil de sécurité a demandé à Téhéran de notamment suspendre son enrichissement d'uranium d'ici au 28 avril. Des consultations entre membres du Conseil vont avoir lieu cette semaine sur un projet de résolution pouvant contraindre légalement l'Iran à se conformer à ces demandes.

L'Iran poursuivra en secret son programme nucléaire si le pays est attaqué militairement, a également déclaré mardi le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien Ali Larijani. "Une action militaire contre l'Iran ne mènera pas à l'arrêt du programme", a dit M. Larijani, en avertissant que "si vous prenez des mesures dures nous cacherons ce programme". Les Etats-Unis n'ont pas exclu l'option militaire pour amener l'Iran à se plier à la demande de l'AIEA et de l'Onu de suspendre son enrichissement d'uranium, tout en privilégiant à ce stade l'application éventuelle de sanctions.
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toujours le nucleaire
« Réponse #21 le: avril 25, 2006, 10:37:48 am »
Téhéran améliore ses techniques d'enrichissement

Les centrifugeuses «P2» sont généralement utilisées dans le cadre des programmes nucléaires militaires.

L'INFORMATION est passée presque inaperçue. Alors que d'intenses tractations se poursuivent en coulisses entre Occidentaux, Russes et Chinois pour trouver une parade aux ambitions nucléaires iraniennes, Téhéran a annoncé le 17 avril avoir commencé à développer des centrifugeuses ultramodernes. Ces machines de conception pakistanaise, baptisées «P2», servent à enrichir l'uranium. Elles peuvent, moyennant modifications, assurer un enrichissement à plus de 90%, un taux suffisant pour alimenter des armes nucléaires.
 
Le 11 avril, l'Iran annonçait avoir réussi à enrichir de l'uranium à 3,5%, un taux permettant de produire de l'énergie nucléaire civile. Mais cette fois, le président Mahmoud Ahmadinejad est allé plus loin. «Nos centrifugeuses sont de type P1, a-t-il déclaré, et l'étape suivante [consiste à utiliser] des centrifugeuses P2, dont la capacité est quatre fois supérieure et sur lesquelles nous menons actuellement des activités de recherche.»
 
Ces déclarations ont trouvé un large écho à Vienne, au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Son directeur général, Mohammed ElBaradei, doit remettre d'ici à la fin de cette semaine son rapport sur le programme nucléaire iranien au Conseil de sécurité des Nations unies.
 
«Marché noir mondial»
 
Or, depuis le début des investigations onusiennes en février 2003, l'Iran avait jusque-là toujours nié disposer de telles machines, voire s'y intéresser. Les activités d'enrichissement de l'uranium menées sur le site de Natanz, à 250 km au sud de Téhéran, reposaient jusqu'à présent sur une «cascade» de 164 centrifugeuses de type P1, d'une technologie antérieure aux P2, mais largement à même d'enrichir de l'uranium «civil».
 
Devant la persévérance de l'AIEA, l'Iran a reconnu avoir reçu en 1994 des plans de composants de centrifugeuses P2, des mains d'émissaires du réseau clandestin d'Abdul Qadir Khan, le «père» de la bombe atomique pakistanaise, responsable d'un véritable «marché noir mondial» du nucléaire. Téhéran nie avoir reçu des composants proprement dits, maintenant en outre qu'il n'a jamais cherché à usiner de telles machines.
 
Mais le démantèlement du réseau Khan à l'hiver 2003-2004 a fait voler en éclats les belles assurances iraniennes. Un des rouages de l'organisation, l'homme d'affaires sri-lankais Bukhary Syed Tahir, finit par avouer que trois centrifugeuses P2 auraient été livrées clés en main à l'Iran en 1997. Mais les limiers onusiens n'arriveront jamais à mettre la main sur ces installations.
 
L'annonce du président Ahmadinejad a été considérée à Washington comme le «premier aveu» que les Iraniens développaient une technologie avancée à des fins militaires. Le numéro deux de l'AIEA, Olli Heinonen, devait se rendre le 21 avril à Téhéran pour obtenir des explications. Confronté au mutisme des autorités iraniennes, il a renoncé à sa visite.

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toujours le nucleaire
« Réponse #22 le: avril 25, 2006, 04:44:50 pm »
mardi 25 avril 2006

 
Lancement prévu d'un satellite israélien pour espionner le programme nucléaire de l'Iran

JERUSALEM (AP) - Israël devait lancer mardi un satellite pour espionner le programme nucléaire iranien, a annoncé un responsable israélien de la Défense, alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad persiste à prôner la destruction de l'Etat hébreu.

Israël devait lancer en fin de journée depuis la Sibérie son satellite Eros B, conçu pour détecter des objets au sol mesurant au minimum 70 centimètres, selon un responsable israélien de la Défense ayant requis l'anonymat. Avec un instrument d'une telle précision, Israël devrait être en mesure de collecter des informations sur le programme nucléaire et les missiles longue-portée de l'Iran, qui sont capables de frapper Israël, a-t-il précisé.

"Le plus important pour une satellite est sa capacité à photographier et sa résolution", a-t-il expliqué. "Ce satellite a une très haute résolution et les Industries aéronautiques israéliennes (publiques) ont une grande capacité à traiter l'information transmise." Si le lancement se déroule comme prévu, il faudra attendre sept à dix jours pour vérifier que les images transmises sont nettes.

Israël considère depuis longtemps l'Iran comme la principale menace à sa survie et conteste, avec d'autres pays, les affirmations de Téhéran selon lesquelles son programme nucléaire poursuit un objectif pacifique.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rendu la menace plus tangible en évoquant à plusieurs reprises la destruction, inéluctable selon lui, d'Israël. Pas plus tard que lundi, il a affirmé que l'Etat juif était un "régime imposteur" qui ne "pouvait logiquement pas continuer à vivre".

Téhéran contribue au financement d'organisations palestiniennes hostiles à Israël, et semble avoir renforcé cette aide depuis la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes du 25 janvier.

Dans un entretien au "Jerusalem Post", le ministre israélien de la Défense, Shaul Mofaz, affirme que l'Iran a versé dix millions de dollars aux organisations activistes palestiniennes depuis le début de l'année. Il estime que "l'argent transféré par l'Iran sert de carburant aux groupes terroristes".
"Affirmons notre fierté d'être Français (et je rajouterais Iraniens), car on ne bâtit rien sur l'auto-dénigrement"

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« Réponse #23 le: avril 27, 2006, 04:49:02 pm »
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« Réponse #24 le: avril 30, 2006, 10:25:28 am »
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toujours le nucleaire
« Réponse #25 le: mai 03, 2006, 11:23:31 am »
Point de vue
Dissuader l'Iran ?, par Jean-François Bayart
LE MONDE | 02.05.06 | 13h36  •  Mis à jour le 02.05.06 | 17h12


L'Europe s'enferme dans le piège d'une fausse question dont elle croit avoir la réponse : comment interdire à l'Iran l'accès à l'arme nucléaire ? Jour après jour, la voix de la raison devient plus inaudible. Nous construisons une crise dont les conséquences seront incalculables, sans avoir la moindre idée de la manière de l'affronter.


Le programme nucléaire iranien remonte à 1974. Il comportait une dimension militaire, mais nul n'y trouvait à redire puisqu'il s'agissait de contrer l'URSS. L'Iran était l'allié d'Israël, que Washington avait laissé se doter de la bombe. La France et l'Allemagne coopéraient avec Téhéran sans se préoccuper de ses finalités. L'imam Khomeiny abandonna ce programme, mais les dirigeants iraniens le relancèrent au milieu des années 1980 pour sanctuariser leur territoire, menacé d'invasion par l'Irak. Les frappes américaines contre Bagdad, en 1991, les confortèrent dans ce choix en leur montrant la vulnérabilité de leur pays.

Aujourd'hui, la seule incertitude est de savoir si l'Iran cherche à se doter de la capacité de fabriquer l'arme nucléaire en restant juste en dessous du "seuil", à l'instar du Japon. Ou s'il entend se procurer la bombe, à l'image de l'Inde et du Pakistan. Ou encore s'il désire l'acquérir secrètement, comme Israël. Les "faucons" occidentaux y voient en tout cas une menace islamo-révolutionnaire, dont Israël serait la première cible. C'est peu vraisemblable. L'Iran a renoncé au mythe de la Révolution islamique dans tous les pays musulmans pour privilégier ses intérêts d'Etat. Et l'idée qu'il puisse risquer la destruction totale pour défendre une cause arabe est loufoque.

La République islamique veut sanctuariser le territoire national selon la logique de la doctrine française de la dissuasion. Elle souhaite affirmer son standing de puissance dans un environnement régional nucléarisé. Enfin l'argument du régime selon lequel il veut cette technologie pour diminuer sa dépendance énergétique à l'égard des hydrocarbures ne doit pas être écarté du revers de la main : les réserves du pays ne sont pas inépuisables ; la pollution dans les villes est un problème majeur ; l'élite iranienne juge naturel d'avoir la maîtrise de l'un des attributs de la modernité.

Les alarmes des "faucons" occidentaux proviennent aussi de l'élection à la présidence de la République de Mahmoud Ahmadinejad, auquel on impute un durcissement de la politique nucléaire de l'Iran. En réalité cette dernière est décidée collégialement au sein du Haut Conseil de la sécurité nationale, dont il fait partie avec un noyau de dirigeants qui sont (ou ont été) en charge du programme depuis les années 1980. Le choix de reprendre l'enrichissement de l'uranium traduit la frustration de Téhéran de n'avoir rien obtenu de tangible, ni de l'Europe ni des Etats-Unis, en deux ans de négociations - sinon de simples promesses de coopération nucléaire civile en cas de capitulation. Ce retour à la case départ est antérieur à l'accession au pouvoir du président Ahmadinejad et a été publiquement assumé par son prédécesseur, Mohammad Khatami.

L'antagonisme paraît inéluctable entre un Iran décidé à posséder l'arme atomique et des pays occidentaux qui lui refusent ce droit en vertu du TNP dont il est signataire. Certes, l'Iran est juridiquement prisonnier de son engagement de 1968. Mais politiquement l'argument a ses limites dès lors que l'Inde et le Pakistan jouissent d'une espèce de prime accordée aux non-signataires du TNP et sont courtisés par les Etats-Unis et la France dans le domaine de la coopération nucléaire. Les Occidentaux sont les premiers à saper le traité international dont ils se réclament.

Même si Téhéran a dissimulé nombre de faits à l'AIEA, les "faucons" occidentaux sont assez mal placés pour le dénoncer : leurs propres mensonges quant à l'armement de l'Irak et les conséquences de l'option militaire choisie en 2003 font douter du bien-fondé de leur appel à une nouvelle guerre préventive. La posture belliciste suscite d'autant plus le malaise que les Etats-Unis et la France avaient encouragé l'agression irakienne contre l'Iran en 1980. Enfin il est paradoxal d'interdire à un pays de se procurer l'arme atomique pour garantir sa sécurité et de refuser dans le même temps de lui vendre des armes conventionnelles.

La seule cohérence de la position des Occidentaux est une méfiance viscérale à l'encontre de la République islamique. Or, pour avoir subi depuis deux siècles ingérences et agressions de l'étranger, l'opinion iranienne soutient le programme nucléaire. C'est aussi le cas de la diaspora, par ailleurs souvent critique envers la République islamique. La sous-estimation de la conscience nationaliste et de la légitimité qu'en tire le régime est d'autant plus préoccupante que ses dirigeants sont des "durs à cuire". S'imaginer qu'ils vont se laisser impressionner par des sanctions financières, un embargo sur l'essence (qu'importe l'Iran faute de capacités suffisantes de raffinage) ou des bombardements, et que la population en profitera pour se désolidariser d'institutions honnies est pure folie.

Les Occidentaux sont-ils sûrs d'être soutenus ? La Russie, la Chine, le Japon sont réticents à toute escalade. Le Brésil ne veut pas hypothéquer son avenir nucléaire. L'Egypte et la République sud-africaine sont ambiguës. Il est vrai que l'Iran n'est pas plus certain de ses alliés potentiels et a été désagréablement surpris des positions qu'ont adoptées l'Inde ou la Corée du Sud.

Mais il dispose de moyens de rétorsion en Afghanistan, en Irak, au Liban, en Palestine, outre un éventuel recours au terrorisme d'autodéfense contre les Occidentaux comme dans les années 1980. Il peut peser sur les cours du pétrole sans avoir à décréter un embargo : sa moindre gesticulation dans le détroit d'Ormuz aura un effet immédiat sur un marché mondial très tendu et déstabilisera les économies occidentales tout en augmentant ses propres recettes.

De quels leviers les Occidentaux disposent-ils pour amener l'Iran à résipiscence ? Le régime a une solide tradition de contournement des sanctions. Sa dépendance par rapport aux importations d'essence ne doit pas être exagérée : une part appréciable de ce carburant est frauduleusement réexportée dans les pays voisins. Quant à l'option militaire, rien ne garantirait son succès, et elle serait dévastatrice pour l'Occident lui-même. Surtout si les Etats-Unis recourent à des armes atomiques tactiques. On voit l'absurdité d'aboutir à la première utilisation d'une bombe nucléaire depuis 1945, au nom de la défense d'un traité de non-prolifération qui n'a pu empêcher le franchissement du seuil fatidique par Israël, l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord, et dont seuls seraient pénalisés les signataires, tandis que les free riders du système international resteraient impunis.

Mieux vaudrait que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire : pour l'avenir du TNP, et pour la stabilité de la région, et pour la prospérité des Iraniens, qui ont des choses plus utiles à financer. Mais si l'Iran l'acquiert, le pire est loin d'être sûr. Pourquoi représenterait-il un danger plus grand que ne l'a été l'Inde quand le parti nationaliste, le BJP, la dirigeait ? Déclencher une nouvelle crise internationale majeure ne présenterait aucun avantage comparatif du point de vue de la sécurité : ce serait choisir d'allumer un incendie immédiat dans l'espoir de conjurer un foyer dont la probabilité n'est pas avérée.

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« Réponse #26 le: mai 03, 2006, 11:24:36 am »
L'Iran a enrichi de l'uranium à 4,8%

AP | 03.05.06 | 10:05


TEHERAN (AP) -- L'Iran a produit de l'uranium enrichi à 4,8%, a annoncé mercredi à la télévision d'Etat le chef du programme nucléaire iranien Gholamreza Aghazadeh.
Pour produire de l'électricité, les réacteurs nucléaires ont besoin d'uranium enrichi à 5%. Le mois dernier, Téhéran avait annoncé avoir franchi la barre des 3,6%.
"Le dernier taux d'enrichissement réalisé par l'Iran est de 4,8%", a annoncé le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh, qui dirige l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, cité par la télévision d'Etat.
L'enrichissement au-delà des 5% peut avoir des objectifs militaires, et non plus civils. AP
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« Réponse #27 le: mai 03, 2006, 12:55:35 pm »
.....Mieux vaudrait que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire : pour l'avenir du TNP, et pour la stabilité de la région, et pour la prospérité des Iraniens, qui ont des choses plus utiles à financer. Mais si l'Iran l'acquiert, le pire est loin d'être sûr. Pourquoi représenterait-il un danger plus grand que ne l'a été l'Inde quand le parti nationaliste, le BJP, la dirigeait ? Déclencher une nouvelle crise internationale majeure ne présenterait aucun avantage comparatif du point de vue de la sécurité : ce serait choisir d'allumer un incendie immédiat dans l'espoir de conjurer un foyer dont la probabilité n'est pas avérée.



http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-767404,0.html
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toujours le nucleaire
« Réponse #28 le: mai 04, 2006, 10:27:20 am »
Projet de résolution occidental menaçant l'Iran de sanctions s'il ne renonce pas à ses activités d'enrichissement

AP | 04.05.06 | 05:13


NATIONS UNIES (AP) -- Les trois membres permanents occidentaux du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) ont fait circuler mercredi un projet de résolution menaçant l'Iran de sanctions s'il ne renonce pas à ses activités d'enrichissement de l'uranium.
Les trois Occidentaux, qui passent outre les objections exprimées par la Russie et la Chine, autres membres permanents du Conseil, espèrent achever les négociations avant la réunion ministérielle prévue lundi à New York sur le dossier du nucléaire iranien.
Toutefois, plusieurs diplomates ont reconnu que les réticences de la Chine et de la Russie -pour le moment opposées à des sanctions-pourraient faire durer les débats.
Le projet de résolution somme l'Iran de "suspendre toutes ses activités d'enrichissement et de retraitement", selon le texte présenté au Conseil de sécurité. Il appelle également le régime de Téhéran à cesser la construction d'un réacteur à eau lourde et réclame un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour s'assurer que les autorités iraniennes se conforment à cette injonction.
Aucune échéance n'a été fixée pour ce rapport, mais l'ambassadeur français aux Nations unies, Jean-Marc de La Sablière, a déclaré souhaiter qu'il soit remis au plus tard au début du mois de juin.
Le projet de résolution a été rédigé sur la base du Chapitre 7 de la Charte des Nations unies concernant l"'action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression". Ce chapitre confère un caractère contraignant à toute demande du Conseil de sécurité et autorise l'emploi de sanctions -voire de la force- en cas de non-satisfaction de ces exigences.
Une autre résolution serait nécessaire si des sanctions contre l'Iran étaient décidées. AP
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toujours le nucleaire
« Réponse #29 le: mai 04, 2006, 10:30:39 am »
George Bush exhorte l'Iran à renoncer à ses ambitions nucléaires

REUTERS | 04.05.06 | 08:04


par Tabassum Zakaria et Noah Barkin
WASHINGTON (Reuters) - George Bush a exigé mercredi que l'Iran renonce à ses ambitions nucléaires "pour le bien de la paix mondiale" en soulignant, avec la chancelière allemande Angela Merkel, l'importance de la diplomatie pour traiter le dossier iranien.
Le président américain et Angela Merkel ont discuté de l'Iran au cours d'un entretien d'une heure dans le Bureau ovale. Ils se sont déclarés unis dans l'objectif de parvenir à une solution diplomatique sur le dossier nucléaire iranien.
"Les Iraniens doivent comprendre que nous ne plierons pas, que notre partenariat est solide, que pour le bien de la paix mondiale, ils doivent abandonner leurs ambitions nucléaires", a martelé Bush.
Merkel, qui se trouvait à Washington dans l'intention d'établir face à l'Iran une stratégie qui ne divise pas autant l'Occident que la guerre en Irak il y a trois ans, a déclaré que le président américain et elle-même étaient optimistes quant au succès d'une solution diplomatique.
L'Iran argue qu'il souhaite un programme nucléaire pour produire de l'électricité et non pas se doter de l'arme nucléaire.
"Nous sommes totalement d'accord pour dire qu'en aucune circonstance l'Iran ne doit avoir le droit d'entrer en possession d'armes nucléaires", a souligné Merkel.
Face à l'opposition de la Chine et de la Russie sur l'éventualité de sanctions du Conseil de Sécurité de l'Onu contre l'Iran, Merkel a rappelé qu'il était crucial que "nous essayions de rallier autant de partenaires que possible pour montrer clairement aux Iraniens que c'est inacceptable".
Bush a vu un "bon point de départ" dans le fait que la Russie ait reconnu que l'objectif primordial était d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
"Nous parviendrons à un accord commun sur la manière de procéder parce que c'est un effort commun", a-t-il dit.
Etats-Unis, France et Grande-Bretagne ont présenté mercredi au Conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution qui exige de l'Iran la suspension de ses activités d'enrichissement de l'uranium, que l'Occident soupçonne de dissimuler un programme d'armement nucléaire.
Ce texte, auquel s'opposent encore la Russie et la Chine, ne parle pas de sanctions mais va plus loin que celui qu'avait approuvé le Conseil fin mars. Ses auteurs menacent d'étudier de "nouvelles mesures" non précisées pour amener l'Iran à obtempérer, laissant ainsi planer des sanctions éventuelles si Téhéran ne se conforme pas à ce qu'on lui demande.
Bush, qui a annoncé qu'il se rendrait en Allemagne à la mi-juillet avant le sommet du Groupe des Huit à Saint-Pétersbourg, en Russie, s'est refusé à évoquer le type de sanctions qui pourraient prises contre l'Iran. "C'est le type de questions dont les alliés discutent en privé", a-t-il dit.
Merkel n'a pas répondu directement à une question sur le fait de savoir si elle souhaitait que l'administration Bush mène des discussions directes avec l'Iran - une étape que certains opposants du président américain considèrent comme cruciale vers la résolution de la crise.
Elle a ajouté que le troïka européenne - France, Allemagne, Grande-Bretagne - avait joué un rôle crucial dans la collaboration avec les Etats-Unis. "Depuis le départ, nous avons été engagé là-dessus ensemble. Et nous continuerons à l'être", a-t-elle noté.
Merkel, dont la visite en janvier avait ouvert un nouveau chapitre dans les relations germano-américaines, après les tensions suscitées par l'opposition de son prédécesseur Gerhard Schröder à la guerre en Irak, se rendra à New York jeudi pour y rencontrer des responsables de l'industrie et de la finance américaines.
« La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa » : Michel Serres