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Auteur Sujet: Rubrique mode/haute couture iranienne  (Lu 4934 fois)

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Hors ligne Parvaneh

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Re : Rubrique mode/haute couture iranienne
« Réponse #45 le: mars 02, 2017, 12:08:53 pm »
Tout ce que la mode doit à l'iran

Avec le Muslim Ban, Donald Trump tente d’ériger des frontières supplémentaires entre les États-Unis et les pays à majorité musulmane. Le moment semble plus que propice pour rappeler l’influence de la culture iranienne sur la mode occidentale.


Depuis la révolution de 1979, les conversations autour de la mode iranienne se résument souvent à la question des codes vestimentaires religieux. On en omettrait presque de reconnaître l'énorme influence de la culture persane sur la mode occidentale. Pour s'en rendre compte, il suffit de jeter un œil à nos pyjamas ou à nos paires de chaussures à talons hauts. Un grand nombre des vêtements et accessoires que l'on considère comme essentiels à la mode occidentale - des impressions cachemire aux treillis en passant par les caftans et même les parapluies - trouvent leurs racines dans la culture iranienne.

Ces dernières années, les créateurs de mode occidentaux se sont à nouveau approprié la culture persane dans leurs collections (et n'ont que très rarement rendu hommage à leurs inspirations). En 2013, Hermès présentait sa somptueuse collection « Tabriz », inspirée par des peintures et tapis décoratifs persans (et rendait hommage à la ville iranienne). Lors de la collection automne/hiver 2015 de Givenchy, Riccardo Tisci illuminait ses robes de velours de motifs persans. Enfin, en 2012, pour sa collection printemps/été, Maison Martin Margiela présentait une série de looks fortement inspirés par la culture iranienne.

Ces collections ne sont pas le fruit d'une récente découverte de l'imagerie et de l'esthétique persane ; elles reflètent la vieille fascination de la mode occidentale pour tout ce qui touche à la culture iranienne. Avec en tête de proue le cachemire et les motifs qui lui sont associés. Parfois appelés « Cornichons Persans » (boteh jegheh en persan), les motifs cachemire sont utilisés pour la première fois en 1968 par la maison Etro, ils sont depuis régulièrement associés à l'esprit des années 1960.Pourtant, les premières traces de ces motifs datent de l'ère des Sassanides (224-651 apr. J.-C.).Originellement adoptés pour représenter un cyprès, ils furent ensuite utilisés pour symboliser l'État iranien après les invasions arabes du 7ème siècle.En d'autres termes, même si les Sassanides ont été vaincus par les Arabes, la culture et les traditions iraniennes ont survécu et prévalent aujourd'hui.

Quelques siècles plus tard, pendant le règne de Shah Abbas le Grand, au beau milieu de l'Âge d'Or de l'ère des Safavides (1501-1722), les talons étaient présentés à l'Europe entière par des chevaliers persans en mission diplomatique. Rapidement approuvés par l'Europe occidentale, ces derniers étaient perçus comme des marqueurs sociaux. En plus d'avoir élargi le champ des possibilités vestimentaire dans des pays comme la France, les chaussures à talons ont aussi permis à ceux qui les portaient de se rapprocher des personnages du fameux conte traduit par Antoine Galland au 18ème siècle, Les Mille et Une Nuits.

Une des raisons pour lesquelles les innovations persanes ne sont pas toujours reconnues - dans la mode et dans d'autres domaines - est que celles-ci sont régulièrement attribuées à l'Inde. Une confusion compréhensible car lors du règne Moghol (1526-1857), la culture persane a été adoptée par les élites indiennes. Au 19ème siècle, lorsque les Britanniques ont colonisé l'Inde, ils n'ont pas seulement découvert des terres fertiles et un potentiel commercial important, ces derniers ont aussi découvert pléthore de nouveaux vêtements. Bien qu'ils aient atteint l'Occident en passant par l'Inde, des habits tels que le pyjama (pay-jameh, ou « habit de jambe »), les ceintures larges, les treillis, les pashminas (pashmineh veut dire « en laine »), les châles et le crépon de coton sont de purs produits de la culture persane. Enfin, même s'ils ne plaisent pas (encore) à tout le monde, les turbans (dolband en persan) ont eux aussi vu le jour en Iran.

Malgré toutes ses influences sur le monde de la mode, l'Iran n'est que rarement, voire jamais, crédité par les créateurs et les marques. La politique intérieure du pays à longtemps fait de l'ombre à sa culture, aussi riche et ancienne soit elle. Néanmoins, si on remonte quelques siècles en arrière, les Européens s'extasiaient devant les chaussures persanes. Quelque temps avant la révolution, en décembre 1969, Vogue publiait des clichés d'Henry Clarke qui montraient Lauren Hutton et Marisa Berenson posant dans les rues d'Ispahan et au milieu des ruines de Persepolis.

Alors que l'administration Trump érige de véritables murs entre les États-Unis et les pays à majorité musulmane, le temps est venu de reconnaître l'influence esthétique de l'Iran sur les cultures occidentales. Certes, Marilyn Monroe était aussi américaine que la tarte aux pommes, mais quid des talons hauts qui l'ont rendu célèbre ? Désormais vous saurez qui remercier.

https://i-d.vice.com/fr/article/tout-ce-que-la-mode-doit-liran



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Hors ligne Parvaneh

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Re : Rubrique mode/haute couture iranienne
« Réponse #46 le: juin 22, 2017, 04:52:13 pm »
SAREH NOURI (New-York)



DESIGNER
When Sareh Nouri was young, she would have loved it if you told her that she would grow up to design her own bridal collection because she loved wedding dresses. But then, what little girl doesn’t? The difference with Sareh is, she never outgrew the phase. In fact, at her nuptials in 2009, her father joked in his speech about her ongoing obsession with wedding gowns. So perhaps it is fate that the search for her own dress is what really set her down the path to create her own line. As her wedding day approached, Sareh grew ever more frustrated, for she couldn’t find “the one” — a dress that was at once sophisticated and traditional, ethereal and elegant. In desperation, she decided to design her own gown.

Fortunately Sareh, a native of Iran and a graduate of George Mason University with a degree in graphic design, had the background to support such a daring gamble. Sareh understood how to work with patterns and layouts based on her extremely successful work in utilizing traditional Persian art. Her work on numerous commercial and nonprofit media ads has been profiled in a number of magazines and books. With this accomplished background Sareh wasn’t just able to conjure up a nice dress, she was able to create the dress of her dreams.

Shortly thereafter the Sareh Nouri line began to take form following her stints working with a high-end bridal salon, modeling bridal gowns, collaborating with couture dressmakers and consulting one-on-one with brides-to-be. It is that experience which has laid the foundation for the Sareh Nouri line. Sensitivities towards shopping for her own gown as well as working with brides-to-be fuel the success of Sareh’s designs; those designs that which are not only romantic and feminine but timeless and sophisticated as well. Incorporating the finest of imported French lace and Italian silk, Sareh works closely with her team of highly trained dressmakers and patternmakers on these couture creations. Each design is a handmade production fusing the idea of traditional silhouettes with ethereal whimsical details so light, and elegant that they are ideal for today’s modern bride.

Today, the Sareh Nouri collection of gowns and sashes can be found in bridal boutiques around the globe. They have been featured on top TV shows, such as TLC’s “Brides of Beverly Hills” the ‘Cake Smash’ episode of “Cake Boss” which aired in June of 2013 and have been seen on E! News with Giuliana Rancic. Her gowns have been worn by key influencers such as, former “American Idol”, Diana DeGarmo and Miss America Caressa Cameron. Sareh’s designs have also been photographed for top bridal publications and have been featured in People Magazine, US Weekly Magazine, Grace Ormonde Wedding Style, Washingtonian Magazine, Weddings Unveiled, and Brides Magazine.

“I believe finding a wedding dress is like finding a true friend; you should be able to trust it, you should never regret it, and whenever you see it… it should always make you smile.” ~Sareh Nouri



http://sarehnouri.com/home/
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Hors ligne Florinda

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Re : Rubrique mode/haute couture iranienne
« Réponse #47 le: novembre 29, 2017, 09:25:05 pm »
Tradition Alive, une marque de prêt-à-porter iranienne aux jolies motifs !!

http://traditionalive.com/

Hors ligne Florinda

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Re : Rubrique mode/haute couture iranienne
« Réponse #48 le: janvier 15, 2018, 04:38:42 pm »
Rencontre avec Paria Farzaneh, la révélation mode de cette saison à Londres
Vogue Hommes - 9 janvier 2018

À tout juste 23 ans, fraîchement diplômée de l'université de Ravensbourne, Paria Farzaneh vient de présenter une première collection qui a retenu l'attention de la sphère mode londonienne. Entre Londres et Téhéran, inspirée par la richesse de ses racines iraniennes et le bouillonnement de la capitale britannique où elle vit et crée, la créatrice a imaginé une collection masculine fusionnant son amour pour les deux cultures. En résulte l'alliance de l'héritage tailoring et streetwear 90s made in UK entré en collision avec les tissus artisanaux perses et iraniens qui ponctuent d'orientalisme son vestiaire. Au lendemain de sa présentation explorant le vêtement iranien des années soixante-dix à nos jours, Vogue Hommes l'a rencontrée.

Qui est l'homme de Paria Farzaneh ?
Aujourd'hui, beaucoup d'hommes s’habillent en fonction de leurs professions ainsi que des rôles qu'ils jouent en société. A leurs yeux, c’est un moyen de construire leurs identités, de se définir. Or, c’est exactement cet aspect que je souhaite changer avec mes vêtements. Je veux que ma marque soit basée sur l’accessibilité et que l’homme Paria Farzaneh soit un individu conscient de ses propres choix et de sa véritable nature.

Comment décririez-vous votre travail en trois inspirations ?
Ça varie de saison en saison. Avec pour constante une forte influence venue de la culture iranienne et perse et de ses individus.

Et en trois mots ?
Mémoire, identité et travail.

L'icône mode qui vous inspire ?
Personne en particulier. Je suis inspirée par les icônes que je rencontre lors des différentes visites que j'ai pu faire en Iran.

Vous vivez à Londres mais vous êtes d'origine iranienne. Sous quelle forme se manifeste la rencontre entre ces deux cultures dans votre travail ?
J'opère en observant un large spectre d'individus en Iran, -comme un portrait sociologique- et je les compare ensuite à ce que je vois à Londres. Il y a plusieurs leitmotivs récurrents dans la garde-robe des hommes de ce pays : les hommes âgés portent des costumes, les travailleurs des uniformes et les ados essaient souvent de s’impressionner et frimer entre eux. C'est très différent en Iran, mais je remarque par contre que les ados ont la même attitude qu'à Londres.

Qu'est ce qui vous inspire dans vos racines iraniennes ?
La singularité des Iraniens et la façon dont la société fonctionne, pimentée par le riche héritage de l'esthétique perse.

Pouvez-nous nous raconter l'histoire de votre collection automne-hiver 2018-2019 ?
Ces douze silhouettes sont très personnelles, elles représentent mes souvenirs de différentes professions et leurs uniformes, des stéréotypes iraniens des vingt dernières années : le costume militaire, l'employé de bureau etc. J'ai vu des membres de ma famille porter ces vêtements et faire leurs vies avec, chaque look correspond à une personne, et en filigrane, chacun de ses uniformes représente un rôle masculin. Les badges de l'armée et certains des tissus viennent directement d'Iran, d'une petite ville nommée Yazd.

Quel est votre état d'esprit concernant ce qu'il se passe actuellement en Iran ?
Je demeure éternellement fière de mon pays et j'espère que l'Iran saura surmonter les difficultés qu'il est en train de rencontrer. Entre censure culturelle et chaos politique, il y a un peuple, qui forme malgré ces obstacles une magnifique nation qui a enduré beaucoup, mais qui a beaucoup à offrir. C'est ce que je veux souligner dans mon travail.

Quelle est la chose que vous aimez le plus en Iran ?
La ténacité de son peuple et l'amour qu'il porte à sa culture.

Et à Londres ?
Vous pouvez être qui vous souhaitez dans une liberté absolue.

Vous venez de lancer votre marque. Que pensez-vous de la position de jeune designer et ses défis, en 2018 ?
Internet est notre meilleur ami mais aussi notre pire ennemi. La mode est devenue partie prenante de la culture mainstream au cours des dernières années et la moindre information est relayée. Je pense que notre plus grand défi en tant que designers est de rester authentique et loyal à notre vision, ne pas se détourner en étant trop influencé par ce que les autres font, ce qui est plus difficile que jamais.

Qu'est-ce qui vous démarque dans le prêt-à-porter masculin ?
Je suis chanceuse de venir d'Iran et d'avoir l'histoire de la nation à raconter à travers le vêtement. C'est un pays unique et j'espère bien lui rendre hommage, et non pas me l’approprier.

Si vous ne pouviez faire passer qu'un seul statement avec vos créations, quel serait-il ?
Soyez libre.

Trois choses qui vous obsèdent actuellement ?
David Lynch, le thé à la menthe poivrée et Yann Tiersen.

Trois comptes Instagram que vous aimez suivre :
@crownsandowls,  @williamcult, @mortezaniknahad.

plus quelques photos :
http://www.vogue.fr/vogue-hommes/fashion-week/story/rencontre-avec-paria-farzaneh-la-revelation-mode-de-cette-saison-a-londres/796