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Auteur Sujet: Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix  (Lu 1674 fois)

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Iranian-American professor of mathematic, Maryam Mirzakhani received 2013 Ruth Lyttle Satter prize in mathematic

Maryam Mirzakhani was awarded the 2013 Satter Prize for her deep contributions to the theory of moduli spaces of Riemann surfaces.

The Satter Prize recognizes an outstanding contribution to mathematics research by a woman in the previous six years.
The US$5,000 prize is awarded every two years.
This prize was established in 1990 using funds donated by Joan S. Birman in memory of her sister, Ruth Lyttle Satter. Professor Birman requested that the prize be established to honor her sister's commitment to research and to encouraging women in science.

http://www.ams.org/news?news_id=1734

http://en.wikipedia.org/wiki/Maryam_Mirzakhani
« Modifié: août 13, 2014, 01:33:07 pm par Florinda »

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine recoit un prix
« Réponse #1 le: août 12, 2014, 10:23:09 pm »
Le 12 août 2014, Maryam Mirzakhahi devient la première femme récipiendaire de la médaille Fields


La lauréate de la médaille Fields de mathématiques, l'Américaine d'origine iranienne Maryam Mirzakhani, recevant son prix des mains de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye le 13 août 2014 à Séoul (The Seoul ICM 2014/AFP)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maryam_Mirzakhani

La médaille Fields est la plus prestigieuse récompense pour la reconnaissance de travaux en mathématiques, souvent comparée au prix Nobel.
Elle est attribuée tous les quatre ans au cours du congrès international des mathématiciens à, au plus, quatre mathématiciens devant avoir moins de 40 ans au 1er janvier de l'année en cours.
Les lauréats se voient attribuer chacun une médaille et un prix de 15 000 $ canadiens (soit un peu plus de 10 000 €).


Les 4 lauréats de la médaille Fields de mathématiques à Séoul le 13 août 2014: l'Autrichien Martin Hairer (g), l'Américain Manjul Bhargava (2g), l'Américaine d'origine iranienne Maryam Mirzakhani (3ed) et le Français Artur Avila (d) (The Seoul ICM 2014/AFP)

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9daille_Fields

http://lejournal.cnrs.fr/articles/dans-les-arcanes-de-la-medaille-fields
« Modifié: août 13, 2014, 12:09:19 pm par Florinda »

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Maryam Mirzakhani est la première femme lauréate de FIELDS
« Réponse #2 le: août 13, 2014, 08:16:51 am »
Le Point.fr - Publié le 12/08/2014

L'Américaine Maryam Mirzakhani est la première femme lauréate de la prestigieuse récompense en mathématiques. Le Français Artur Avila est aussi récompensé.


Une Américaine d'origine iranienne est devenue la première femme lauréate de la plus prestigieuse récompense en mathématiques, la médaille Fields, a annoncé mardi le Congrès international des mathématiciens (ICM). Professeur à l'université de Stanford (Californie), Maryam Mirzakhani, née en 1977 à Téhéran et qui a obtenu son doctorat à Harvard en 2004, partage la médaille Fields 2014, attribuée tous les quatre ans, avec trois autres mathématiciens.

Il s'agit d'Artur Avila, un Français d'origine brésilienne directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de Manjul Bhargava, un Américain professeur à l'université de Princeton, et de Martin Hairer, un Autrichien, chercheur à l'université de Warwick en Grande-Bretagne. La médaille Fields sera présentée mercredi au Congrès international des mathématiciens, qui se tient cette année à Séoul en Corée du Sud.

Découvertes exceptionnelles

Maryam Mirzakhani est une spécialiste de la géométrie des formes inhabituelles et a découvert de nouvelles façons de calculer les volumes d'objets avec des surfaces hyperboliques, par exemple une selle de cheval. "Dotée d'une parfaite connaissance d'un éventail très divers de techniques mathématiques et de cultures mathématiques disparates, elle maîtrise une rare combinaison de capacités techniques, d'ambition audacieuse et d'une profonde curiosité", écrit l'ICM dans un communiqué. Elle avait précédemment obtenu le prix Blumental pour l'avancement de la recherche en mathématiques pures en 2009 et le prix Satter de l'American Mathematical Society en 2013. "C'est un grand honneur et je serai heureuse si cela encourage de jeunes femmes scientifiques et mathématiciennes", a déclaré Maryam Mirzakhani, citée dans un communiqué publié sur le site de l'université de Stanford. "Je suis convaincue que de nombreuses autres femmes recevront ce type de récompense dans les prochaines années", a-t-elle ajouté.

La médaille Fields est attribuée depuis 1936 à au maximum quatre mathématiciens de moins de 40 ans. Les lauréats reçoivent chacun 15 000 dollars canadiens (environ 11 000 euros). Ce prix a été proposé en 1923 par le mathématicien canadien John Charles Fields, décédé en 1932. Il a légué ses biens à la science pour financer cette récompense souvent qualifiée de "prix Nobel" des mathématiques. Alors que les femmes sont parvenues à parité avec les hommes dans de nombreuses disciplines académiques, les mathématiques restent largement dominées par les hommes, qui obtiennent environ 70 % des doctorats en mathématiques aux États-Unis. Sur les 55 lauréats au total, on compte notamment 13 Américains et 12 Français, les deux nationalités ayant reçu le plus souvent cette récompense. La médaille Fields est officiellement connue comme "la médaille internationale pour des découvertes exceptionnelles en mathématiques".




http://www.lepoint.fr/monde/la-medaille-fields-2014-pour-une-femme-et-un-francais-12-08-2014-1853393_24.php
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Re : Maryam Mirzakhani est la première femme lauréate de FIELDS
« Réponse #3 le: août 13, 2014, 09:55:30 am »
Super nouvelle. Bravo a elle  :azn:

Ca vient confirmer le fait que l'Iran possede une grande ecole de Mathematiques.  :iran:
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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #4 le: août 13, 2014, 10:10:42 am »
Article intéressant sur le système éducatif iranien

Maryam Mirzakhani, première femme à décrocher la médaille Fields

Pur produit du système éducatif iranien, Maryam Mirzakhani, 37 ans, vient de recevoir la Médaille Fields au cours du Congrès international des mathématiciens, à Séoul. Elle est la première femme à recevoir ce prix, créé en 1936, et souvent présenté comme le Nobel des maths.

Février 1998. Juste avant les fêtes du nouvel an iranien, au mois de mars, les meilleurs étudiants en mathématiques de la prestigieuse université Sharif rentrent en bus d’une compétition interuniversitaire de mathématiques, organisée à Ahvaz, à 800 km au sud-ouest de Téhéran. Au milieu du trajet, le chauffeur perd soudainement le contrôle du bus et le véhicule s’écrase dans un ravin. Six étudiants périssent dans l'accident. Parmi les survivants, grièvement blessée à la jambe, se trouve Maryam Mirzakhani.

Les maths, un enjeu international

Déjà à 21 ans, la jeune prodige s'était distinguée comme une scientifique prometteuse. En 1994, elle est la première fille iranienne médaillée d’or aux Olympiades internationales de mathématiques (IMO) qui permettent aux lycéens du monde entier de se mesurer à travers une série de problèmes de haut niveau. L’année suivante, elle obtient la note parfaite : 42 sur 42, et fini numéro un mondial. Les Olympiades avaient été créées en 1959 par les pays du bloc de l’Est dans le contexte de la guerre froide, les pays de l'Ouest avaient rejoint la compétition dès les années 70.

En 1985, c'était au tour de l’Iran et de la Chine. Six ans après la Révolution islamique de l'ayatollah Khomeini. A l’époque, les responsables du ministère de l’Education constatent un manque d’intérêt croissant des élèves pour les maths et estiment que l’organisation de concours au niveau national pourrait remotiver les élèves. Cependant, l’aspect idéologique n’est pas à négliger, la République islamique souhaite montrer ses capacités scientifiques à l’échelle internationale. Le travail intense de sélection et de préparation ainsi que le talent indéniable des élèves iraniens finiront par payer. En 1998,  l’Iran termine premier aux Olympiades devant les Etats-Unis.

Un système éducatif élitiste

Maryam Mirzakhani fut élève au Lycée Farzanegan de Téhéran, qui dépend de l'Organisation pour le développement des talents brillants, dont le but est de repérer les élèves surdoués, ou en tout cas les meilleurs, à travers des concours nationaux, au collège et au lycée. Les lauréats font alors leurs études dans des établissements spécifiques avec un programme beaucoup plus poussé que dans la filière classique.

Après la Révolution de 1979, la séparation des filles et des garçons depuis l'école primaire jusqu'au au lycée a facilité l'accès à l'éducation des filles issues des familles ultra conservatrices qui craignaient la mixité.

Contrairement aux idées reçues, en Iran, les femmes sont bien plus présentes que les hommes à l'université. Le nombre de femmes admises est passé de 40% à plus de 59,9% durant la dernière décennie, alors que le nombre d’élèves (féminins et masculins) est resté le même. Le taux d’obtention de diplômes universitaires, dans deux ou trois ans, sera de plus de 70% pour les femmes.

Par ailleurs, en Iran, l’enseignement secondaire a été libéralisé à l’outrance, les établissements publics ont aujourd'hui un niveau très médiocre comparé à ceux du secteur privé qui coûtent très cher. Et la concurrence est rude entre les écoles privées qui vantent leur nombre d’admis aux concours d’entrée aux universités, un concours ultra-sélectif. Pour étudier à l'université Sharif de Téhéran, il faut ainsi finir parmi les cent premiers sur environ un millon de participants.

Le système éducatif iranien est donc devenu au fil du temps ultra élitiste, basé sur une compétition incessante organisée depuis le collège et jusqu'à l'université. Les lauréats de ces divers concours forment une élite scientifique reconnue au niveau international et quittent quasi systématiquement le pays pour évoluer en Occident. Selon le quotidien Shargh, 76% des Iraniens médaillés dans les olympiades internationales en mathématiques, entre 1993 et 2013, se trouvent actuellement dans les plus grandes universités américaines Harvard, Princeton, Stanford ou Britanniques.

Calculer le volume de l’univers

Si Maryam Mirzakhani est aujourd'hui récompensée d'une médaille Fields, rien ne la prédestinait à cela. Dans une interview accordée en 2008 au Clay Mathematics Institut (1), elle racontait : «Enfant, je rêvais de devenir écrivain et mon passe-temps favori était d'écrire des romans. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. En fait, je n'ai jamais imaginé me lancer dans les maths avant ma dernière année de lycée.»

Son premier éblouissement mathématique viendra quand son grand-frère lui parle d'un problème très simple, additionner les nombres de 1 à 100, et de la solution adoptée par Gauss. «La solution était fascinante et c'était la première fois que j'entrevoyais une solution aussi belle que je n'aurai pas pu trouver moi même.» Après avoir passé les premières années universitaires à Sharif, elle choisit de partir pour obtenir un doctorat à Harvard, avant de traverser les Etats-Unis pour enseigner à Stanford, en Californie.

Ses travaux se situent dans les domaines de la géométrie hyperbolique et la topologie. Certaines surfaces hyperboliques sont de forme irrégulière, comme des bagels. Un bagel ou une bouée sans valve déformée à l'infini permet de reproduire des formes infiniment complexes qui préoccupent les mathématiciens depuis des années. Mirzakhani a trouvé une nouvelle méthode qui consiste à élaborer une série de boucles sur la surface des formes pour calculer leurs longueurs. Peu d’applications pratiques existent à ce jour pour ses recherches, mais si l’univers se révèle être régi par la géométrie hyperbolique, son travail aiderait à définir sa forme et son volume.

Durant ses études à Harvard, elle raconte : «Je devais sans cesse expliquer qu’en tant que femme, oui j’avais le droit d’entrer à l’université en Iran.» Aujourd'hui, elle vient de prouver au monde entier qu'une femme, de surcroît iranienne, peut obtentir la très convoitée médaille Fields.

http://libeteheran.blogs.liberation.fr/lettres_de_/2014/08/fields.html

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #5 le: août 13, 2014, 10:35:24 am »
 :iran: :iran:
Le visage, c'est notre identité. Autrement dit: faisons face!

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #6 le: août 14, 2014, 09:46:41 am »
C'est très interessant de voir la façon dont cette de remise de prix cosmopolite (4 lauréats) est mise en avant et interepretée selon les différents médium.

Et pour ce qui concerne le prix de Maryam Mirzakhani, outre son succès personnel et la fierté iranienne, cette distinction à le mérite de mettre en avant auprès d'un public moins averti la force du système éducatif iranien en sciences exactes.

« Modifié: août 14, 2014, 09:55:57 am par Florinda »

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #7 le: septembre 05, 2014, 10:32:18 am »
Bravo à Maryam.
Par contre je mets pas ca sur le compte de notre systeme educatif "général" de haut niveau mais à un systéme élitiste de tres bon niveau (sharif) , ses talents propres, et son environnement (Mc Mullen, ...).
pareil en France d'ailleurs malgré leurs 12aines de medailles fields et je ne sais plus combien de nobel ... alors que le système éducatif "général" du primaire à l'université est de pire en pire en France ...    :embarrassed: 
« La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa » : Michel Serres

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #8 le: juillet 15, 2017, 11:11:55 am »
Elle est décédée aujourd'hui après un combat de 4 ans contre le cancer.  :sad:
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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #9 le: juillet 15, 2017, 01:10:31 pm »
Quelle terrible et triste nouvelle !!!  :sad:

« Modifié: juillet 20, 2017, 02:30:44 pm par Florinda »

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #10 le: juillet 15, 2017, 01:32:33 pm »
Le site britannique 'The Guardian' a publié une interview d'elle

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Maryam Mirzakhani: 'The more I spent time on maths, the more excited I got'
The first woman to win the prestigious Fields Medal prize discusses her life as a mathematician


Maryam Mirzakhani has become the first woman to win the Fields Medal, the most prestigious prize in mathematics. Mirzakhani, 37, is of Iranian descent and completed her PhD at Harvard in 2004. Her thesis showed how to compute the Weil-Petersson volumes of moduli spaces of bordered Riemann surfaces. Her research interests include Teichmüller theory, hyperbolic geometry, ergodic theory, and symplectic geometry. She is currently professor of mathematics at Stanford University, and predominantly works on geometric structures on surfaces and their deformations.


What are some of your earliest memories of mathematics?
As a kid, I dreamt of becoming a writer. My most exciting pastime was reading novels; in fact, I would read anything I could find. I never thought I would pursue mathematics until my last year in high school. I grew up in a family with three siblings. My parents were always very supportive and encouraging. It was important for them that we have meaningful and satisfying professions, but they didn't care as much about success and achievement.

In many ways, it was a great environment for me, though these were hard times during the Iran-Iraq war. My older brother was the person who got me interested in science in general. He used to tell me what he learned in school. My first memory of mathematics is probably the time that he told me about the problem of adding numbers from 1 to 100. I think he had read in a popular science journal how Gauss solved this problem. The solution was quite fascinating for me. That was the first time I enjoyed a beautiful solution, though I couldn't find it myself.

What experiences and people were especially influential on your mathematical education?
I was very lucky in many ways. The war ended when I finished elementary school; I couldn't have had the great opportunities that I had if I had been born 10 years earlier. I went to a great high school in Tehran – Farzanegan – and had very good teachers. I met my friend Roya Beheshti during the first week of middle school. It is invaluable to have a friend who shares your interests, and it helps you stay motivated.

Our school was close to a street full of bookstores in Tehran. I remember how walking along this crowded street, and going to the bookstores, was so exciting for us. We couldn't skim through the books like people usually do here in a bookstore, so we would end up buying a lot of random books. Also, our school principal was a strong-willed woman who was willing to go a long way to provide us with the same opportunities as the boys' school.

Later, I got involved in Math Olympiads that made me think about harder problems. As a teenager, I enjoyed the challenge. But most importantly, I met many inspiring mathematicians and friends at Sharif University. The more I spent time on mathematics, the more excited I became.

Could you comment on the differences between mathematical education in Iran and in the US?
It is hard for me to comment on this question since my experience here in the US is limited to a few universities, and I know very little about the high school education here. However, I should say that the education system in Iran is not the way people might imagine here. As a graduate student at Harvard, I had to explain quite a few times that I was allowed to attend a university as a woman in Iran. While it is true that boys and girls go to separate schools up to high school, this does not prevent them from participating say in the Olympiads or the summer camps.

But there are many differences: In Iran you choose your major before going to college, and there is a national entrance exam for universities. Also, at least in my class in college, we were more focused on problem-solving than on taking advanced courses.

What attracted you to the particular problems you have studied?
When I entered Harvard, my background was mostly combinatorics and algebra. I had always enjoyed complex analysis, but I didn't know much about it. In retrospect, I see that I was completely clueless. I needed to learn many subjects which most undergraduate students from good universities here know.

I started attending the informal seminar organized by Curt McMullen. Well, most of the time I couldn't understand a word of what the speaker was saying. But I could appreciate some of the comments by Curt. I was fascinated by how he could make things simple and elegant. So I started regularly asking him questions, and thinking about problems that came out of these illuminating discussions.

His encouragement was invaluable. Working with Curt had a great influence on me, though now I wish I had learned more from him. By the time I graduated I had a long list of raw ideas that I wanted to explore.

Can you describe your research in accessible terms? Does it have applications within other areas?
Most problems I work on are related to geometric structures on surfaces and their deformations. In particular, I am interested in understanding hyperbolic surfaces. Sometimes properties of a fixed hyperbolic surface can be better understood by studying the moduli space that parameterises all hyperbolic structures on a given topological surface.

These moduli spaces have rich geometries themselves, and arise in natural and important ways in differential, hyperbolic, and algebraic geometry. There are also connections with theoretical physics, topology, and combinatorics. I find it fascinating that you can look at the same problem from different perspectives and approach it using different methods.

What do you find most rewarding or productive?
Of course, the most rewarding part is the "Aha" moment, the excitement of discovery and enjoyment of understanding something new – the feeling of being on top of a hill and having a clear view. But most of the time, doing mathematics for me is like being on a long hike with no trail and no end in sight.

I find discussing mathematics with colleagues of different backgrounds one of the most productive ways of making progress.

What advice would you give those who would like to know more about mathematics – what it is, what its role in society has been, and so on?
This is a difficult question. I don't think that everyone should become a mathematician, but I do believe that many students don't give mathematics a real chance. I did poorly in math for a couple of years in middle school; I was just not interested in thinking about it. I can see that without being excited mathematics can look pointless and cold. The beauty of mathematics only shows itself to more patient followers.


https://www.theguardian.com/science/2014/aug/13/interview-maryam-mirzakhani-fields-medal-winner-mathematician
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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #11 le: juillet 15, 2017, 04:18:39 pm »
 :cry:
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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #13 le: juillet 15, 2017, 09:36:24 pm »
La mathématicienne iranienne Maryam Mirzakhani est morte
Le Monde - 15 juillet 2017

Professeur à l’université américaine de Stanford, elle avait été la première femme à recevoir la prestigieuse médaille Fields en 2014.

Maryam Mirzakhani, mathématicienne de nationalité iranienne, est morte à l’âge de 40 ans, samedi 15 juillet, des suites d’un cancer, aux Etats-Unis. Spécialiste de la dynamique et de la géométrie des surfaces dites de Riemann, elle était la première femme à avoir remporté, en 2014, la médaille Fields, l’une des récompenses scientifiques les plus réputées, considérée comme le Nobel de la discipline.
Son compatriote Firouz Naderi, un scientifique de la NASA, a partagé la nouvelle sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram : « Une lumière s’est éteinte, cela me brise le cœur… Elle est partie trop tôt. »

Née à Téhéran, elle avait étudié en Iran jusqu’au master, avant de partir faire une thèse aux Etats-Unis, à Harvard, sous la direction de Curtis McMullen, médaille Fields 1998. Comme elle l’avait raconté en 2008 dans un entretien accordé à la Fondation Clay lors de l’obtention d’une bourse de recherche de cet institut privé américain, passionnée par la lecture, elle rêvait d’être écrivaine plutôt que mathématicienne.
Grâce à son frère, elle était cependant tombée sur un livre de maths racontant une histoire célèbre, souvent citée pour avoir été un déclic chez beaucoup de futurs matheux : l’histoire de Friedrich Gauss expliquant comment effectuer facilement la somme de tous les entiers de 1 à 100.

Une « chercheuse lente »

A 17 ans, elle participe aux Olympiades internationales de mathématiques et remporte la médaille d’or. Tout comme l’année suivante, à Toronto, avec cette fois un « sans-faute ». Ces performances lui ouvrent la porte de l’université de technologie de Sharif à Téhéran. Après sa thèse à Harvard, elle part à Princeton, avant de devenir professeure à Stanford en 2008.

En juillet 2014, elle avait également été gratifiée du prix de la recherche de l’Institut Clay, tout comme Manjul Bhargava en 2005. Dans l’interview accordée à la Fondation Clay, elle se décrivait alors comme une « chercheuse lente », ayant besoin de réfléchir longuement aux problèmes. D’ailleurs, « la majorité du temps, faire des maths est comme grimper une montagne, sans chemin et sans perspective devant », estimait-elle.

Depuis 1936 que la récompense Fields, dotée de 15 000 dollars canadiens (10 000 euros), existe, 52 hommes, âgés de moins de 40 ans – comme c’est la règle – l’avaient reçue. En 2014, au moment de récompenser Maryam Mirzakhani, Ingrid Daubechies, la présidente de l’Union mathématique internationale, qui organise notamment la sélection des médailles Fields avait dit sa « grande joie d’être témoin de la première médaille Fields décernée à une femme ».
Le 13 juillet, dans un dernier post sur Facebook, où elle remerciait les internautes de leur soutien, Maryam Mirzakhani affirmait : « Plus je passe de temps à faire des maths, plus je suis heureuse. »

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/15/la-mathematicienne-iranienne-maryam-mirzakhani-est-morte_5160989_3382.html#McifhjCS5mewsrko.99

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Re : Maryam Mirzakhani, mathématicienne irano-americaine bardée de prix
« Réponse #14 le: juillet 20, 2017, 02:31:08 pm »
Message de remerciements et d'annonce d'un hommage qui se tiendra ulterieurement à la fin d'été/début d'automne, par le père (en persan) et le mari (début en persan puis en anglais) de Maryam Mirzakhani.

« Modifié: juillet 21, 2017, 11:00:23 am par Florinda »